L’œilleton inversé, la prison vidée et ses bleus

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Musée des Beaux-Arts d’Agen
Église des Jacobins
Du 24 juin au 30 novembre 2017

Avec le soutien :
École nationale d'administration pénitentiaire, le Ministère de la culture et de la communication / Direction général des Patrimoines, DRAC Nouvelle-Aquitaine, DRAC Pays de la Loire,
Ville d’Agen et l'association Plateforme.


L’exposition L’oeilleton inversé, la prison vidée et ses bleus est construite sur un tournant historique pour les prisons françaises. Plusieurs d’entres elles, insalubres et vétustes, ont fermé ces dernières années laissant derrière nous un modèle ancien et à bout de souffle mais toujours à l’oeuvre dans nos imaginaires : celui d’une prison panoptique insérée dans nos villes. Le transfert des personnes détenues vers de nouvelles prisons bâties à l’extérieur des villes est le moment de rupture entraînant tous les acteurs, détenus, personnels pénitentiaires, partenaires et familles dans une déchirure paradoxale. Celle d’abandonner un lieu d’enfermement dur mais connu et rassurant, un lieu de travail maîtrisé, voire familial. Les derniers moments de cette vie auront été bouleversants, violents et touchants. J’entre en prison, quelques heures après. C’est le moment à partir duquel j’ai choisi de construire mon propos, à la recherche de ces fragments d’humanité qui subsistent dans les instants qui suivent le départ des occupants, ce qui reste après le tremblement et ce qui subsiste dans les récits des personnels.

En même temps que de nouvelles prisons surgissent, aux capacités étendues, aux normes de sécurité revues, que le nombre de personnes incarcérées atteint des records, le manque de personnels pénitentiaires est plus que jamais un enjeu. Les promotions d’élèves surveillants sont gigantesques, elles vont se succéder à un rythme jamais vu. C’est à l’école nationale d’administration pénitentiaire que je poursuis mon travail, curieux de comprendre les ressorts de la formation des surveillants de prison, tout en m’impliquant dans le processus d’incorporation des codes de ces métiers, en y insérant mes protocoles artistiques. En résidence depuis septembre 2014, je m’immerge dans le parcours des élèves surveillants, de la remise de l’uniforme jusqu’à la cérémonie de clôture pour en faire émerger des propositions de mises en scènes photographiques avec les élèves, issues de ma perception et des récits des élèves sur leurs ressentis.
Le tigre et le papillon à l’instar d’un dessin photographié sur le mur d’une cellule, est la figure par laquelle je m’interroge sur, qui, du surveillant ou du détenu, incarne le mieux l’insecte fragile ou la force du félin ? Les pièces présentées dans l’exposition se déploient à l’image d’un cycle, celui de la fin d’une typologie d’enfermement et le début d’un métier pour ceux qui feront carrière en prison.

Les oeuvres sont des séquences d’une immersion dans la culture pénitentiaire, mêlant fragments d’enfermements et moments de formation. Elles croisent des histoires vécues, des lieux traversés et des mises en situation du personnel pénitentiaire questionnant ma relation à cet imaginaire carcéral et à la figure de ceux qui l’organisent. Comme si l’oeilleton s’était inversé, le spectateur découvre les histoires de ceux qui sont perçus comme des bourreaux, qui apprennent à surveiller tout en étant contrôlés de toute part, parfois confrontés à des renversements du regard, à des pleins d’humanités, à leurs propres peurs et doutes, que mon processus artistique met à nu tandis qu’il est coutumier de retenir et de cacher ces choses-là.

1# Dürer Mauer, deux photographies format 100 . 150 cm, tirages numériques encadrés en bois et sous verre et une photographie format 50 . 75 cm, tirage numérique encadré en bois et sous verre.
2# Catalogue des peurs
(la cellule idéale), 55 . 40 cm, photographie et texte encadrés sous verre.
3# Le Surveillant à la pelle, 21 . 29 cm, photographie encadrée sous verre.
4# Incorporations 1-15, 15 formats de 100 . 100 cm chaque, composé de photographies de divers formats, textes.
5# Paysage percé et dispositif de mise en ordre, 9 formats 150 . 125 cm, photographie encadrée sous verre et passe-partout.
6# Catalogue des peurs (ça m’a choqué), 55 . 40 cm, photographie et texte encadrés sous verre.
7# Une Emprise totale, 200 . 263 cm, tirage numérique sur dibon.
8# Ma Grande histoire, vidéo projetée, lectures.
9# La Ronde des oeilletons, installation sonore et vidéo interactive (avec Pauline Boyer, artiste sonore et Jules Mansart, architecte / CANCAN).
10# Le Contre-oeilleton, 30 . 40 cm, divers matériaux encadrés sous verre.
11# Rembrandt, 30 . 40 cm, photographie encadrée sous verre.
12# Nous avançons sur la coursive, 7 formats 60 . 50 cm, deux photographies encadrées sous verre et passe-partout.
13# Le Tigre et le papillon, 7 formats : 75 . 107 cm, 35 . 46 cm (2), 35 . 50 cm, 35 . 53 cm, 36,5 . 27 cm, 68 . 60 cm, photographies encadrées sous verre.
14# La Coursive aux dragons, 100 . 150 cm, photographie encadrée sous verre.
15# Un OEil sur le dos, installation, 27 formats 24 . 30 cm, photographies sur support magnétique, six étagères en métal avec 5 tablettes, 180 . 90 . 30 cm, texte 21 . 29 cm.
16# Catalogue des peurs (j’ai fait souffler le vent), 55 . 40 cm, une photographie et un texte encadrés sous verre.
17# La Bataille du soupçon, 36 . 50 cm, tirage photographique encadré sous verre et 47 formats 24 . 30 cm, photographies encadrées sous verre.
18# À fond perdu, série de huit triptyques alliant une photographie sous verre et passe-partout format 60 . 65 cm, un texte sous verre format 60 . 50 cm et une photographie sous verre format 60 . 85 cm : Porno dortoir, Sous bois, Le son ne colle pas à l’image, L’humiliation ou la chèvre, En attendant le prince charmant, La liste des mots pour ne pas se perdre, L’amour sauvage, Mon corps, ma discipline.

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