Blanc maquillage

Arnaud Théval projet art contemporain : Blanc maquillage

Blanc maquillage

Résidence à l'Institut Bergonié
Centre de lutte contre le cancer à Bordeaux

Quand les murs de la chambre disparaissent, quand les rapports de pouvoirs se conçoivent dans l’horizontalité du management, quand les corps disparaissent en moins de trois jours, quand les mots qui s’échappent de nos bouches se transforment en vapeur d’eau, quand la lumière qui y scintille alors, y fait naître l’illusion d’un arc-en-ciel, c’est bien que nous sommes parvenu dans ce nouveau lieu qu’est l’hôpital du XXIème sciècle.

Évaporé dans le flou de nos certitudes, recouvert d’une fine couche blanche additionnant toutes les couleurs de nos expériences, le corps de l’hôpital soudain disparaît.

Blanc maquillage est une immersion dans trois moments de cet enjeu de relation face et avec la mort : depuis le pouvoir des médecins sur ce moment décisif de l’arrivée de son idée même ; le moment où celle-ci prend place dans la chambre du patient ; l’accompagnement du corps dans ces derniers instants dans l’institution.

2017

Arnaud Théval projet art contemporain : K.

K.

K. ou la chambre de l'hôpital,
est le titre d'un texte mêlant réalité et fiction, co-écrit avec une infirmière. Le lieu de cette fiction est une chambre ou toutes les chambres de l'hôpital.

Tout comme moi, elle écrit tous les jours dans ces carnets, ces histoires belles et immanquablement tragiques ou héroïques.

N'y allant jamais, j'entretiens avec K. une correspondance questionnant ce qui, dans ses mots m'intriguent, m'inquiétent ou aiguisent ma curiosité.


2017

Arnaud Théval projet art contemporain : La source de l'arc-en-ciel

La source de l'arc-en-ciel

"Elle, inversement, ne se cache pas et ses mots délivrent une pensée. Le mensonge est dans la relation entre le médecin et le patient lâche-t-elle. Chez les soignants, nous ne parlons de pas de déni, non, mais assurement d’une dénégation me corrige-t-elle. De sa place de psychologue, elle avance sans détours. Nous dialoguons, j’écris et reformule ici. Le fantasme est dans la toute puissance du médecin, l’institution le porte, le patient la lui demande. Tous trois s’accordent sur l’évitement, comme un encouragement à poursuivre la fabrication d’une illusion".

Ce texte (ci-dessus, un extrait) issu d’un entretien avec une psychologue, évoque la possibilité de la convergence d’une illusion, celle qui consiste à faire tenir l’idée que les choses vont aller mieux en soignant quoi qu’il arrive. Avec sa tournure polémique, le texte est proposé à la lecture et à l’annotation à la psychologue, à une anesthésiste et à un médecin, avec qui j’ai pu dialoguer sur ces mêmes enjeux.

Le texte qui est à la fois support à ratures et à disputes, est associé à une photographie d'un tableau. Le motif du tableau et les bords d'un classeur m'évoquent tout deux, un arc-en-ciel.
Voilà deux objets, l'un artistique, l'autre administratif qui dialoguent au hasard de leur accrochage dans l'institution.

2017

Arnaud Théval projet art contemporain : Le parfumeur silencieux

Le parfumeur silencieux

La porte bleue est verrouillée, pour y entrer il faut un code ou sonner. Je sonne. L'accès au dépositoire est contrôlé, les morts y attendent leurs derniers soins et les visites de la famille, avant un ultime déplacement. Il nous ouvre, l'air bonhomme mais pas trop.

Cette porte bleue c'est le point de passage entre la mort et le vivant, moi je suis les deux. Dans le couloir, au mur et sur le petit bureau tout est propre, rien ne dépasse, rien ne traîne sauf mon regard qui s'attarde sur les tableaux qui tous représentent des vues de natures peintes à l'aquarelle. Les motifs se diluent dans l'eau comme un souvenir trouble.

Le dépositaire est l'endroit le plus en retrait dans l'Institut, pourtant beaucoup de familles viennent ici accompagner leur proche disparu.
L'homme qui m'accueille parle peu, son travail est méticuleux. Ses mains travaillent avec une palette de couleurs, lui qui ne s'est jamais maquillé.

2017