Tenir, caché

Arnaud Théval projet art contemporain : Tenir, caché

Tenir, caché

Longtemps je me suis demandé ce que je ne voyais pas. Peut-être me dérobais-je face à mes propres inquiétudes ? Confronté à une organisation incompréhensible, je naviguais dans un quotidien étrange et proche, heurté et indifférent à la fois.

J’ai appris, écouté, entendu, regardé les équipes et leurs relations aux patients, en me demandant si celles-ci influençaient leur façon d’être. Je me suis longtemps étonné de l’espace public de l’hôpital et de ses immenses couloirs semblant inoccupés. Du vide qui se remplit d’un coup. Après être resté là longuement, j’ai recherché ce que l’on met de côté, ce que l’on ne dit pas. J’ai été frappé par cette détermination de chacun à être précis dans le récit son rôle et à se situer dans l’ensemble. Il ne faut pas trop s’affirmer comme individu et en même temps être là, bien soi.

Tenir, caché est un aller-retour instable entre la distance qu’imposent les gestes du soignant et son désir de marquer quelque chose ici. Au fond des poches et au bout des phrases, des objets détournés, des mots mélangés disent une intime résistance de ce désir d’individu, malgré les risques encourus et un univers de travail qui se lisse règle après règle.

2015

Arnaud Théval projet art contemporain : Tenir, caché

Tenir, caché

Résidence au CHU de Nantes
2012-2014

La proposition Tenir, caché propose une inversion de ce paradigme en replaçant au centre physique et symbolique du CHU, des images de l’art concernant des personnes y travaillant et la communauté des usagers. Il s’agit de lire ici, la force de l’incorporation dans les corps d’une gestuelle professionnelle et de leurs emprises sur la relation au collègue, avec en arrière plan l’histoire de leur relation avec le patient.

Et dans le même temps, la membrane du nivellement est percée par des tentatives de maintenir un indice de soi, tandis quant tout commande à l’inverse. Des objets portent ces envies là. La gomme qui efface les erreurs, avant l’informatisation de la donnée. Le nom propre sur sa blouse que l’on rature pour ne pas être identifier dehors, pour éviter les représailles des patients furieux.

Malgré les successions des couches de précautions, de mise à distance et de nouvelles normes, il est réjouissant de découvrir, que toujours, subsistent quelques traces de nos corps transpirants.

2017

Arnaud Théval projet art contemporain : Tenir, caché

Tenir, caché

Tenir, caché est une inversion de ce paradigme des images fonctionnelles ou communicationnelles, en replaçant au centre physique et symbolique de l'hôpital, des images de l’art concernant du personnel médical.

Hôpital Bergonié, Bordeaux

2017

Arnaud Théval projet art contemporain : Ni sexy, ni attractif

Ni sexy, ni attractif

Texte d'Arnaud Théval
(à venir)

Texte extrait de la rencontre débat
L’art peut-il revisiter l’univers de la norme à l’hôpital ?
avec Arnaud Théval, artiste, Christian Ruby, philosophe et Isabelle Derrendinger, directrice de l’école de sages-femmes du CHU de Nantes



2017

Arnaud Théval projet art contemporain : Des yeux au-delà des portraits

Des yeux au-delà des portraits

En somme, l’artiste propose une scène hospitalière de l’égalité où des performances hétérogènes ont droit aux mêmes places et se combinent. Il entreprend la dissolution des individualités assignées et pratique l’excès des oeuvres installées dans tout l’hôpital, afin qu’on n’arrive plus à fixer une échelle hiérarchique...

Dès lors, face à ces oeuvres, le patient de l’hôpital est appelé à plusieurs démarches. La première contribue à son devenir spectateur, à la mise à l’écart de sa condition de malade, du moins momentanément. La seconde fait alors droit à un exercice esthétique qui transforme les modes sensibles dominants à l’hôpital. La troisième se confronte à ce que ces compétences peuvent produire dans le contexte auquel il est non moins momentanément lié. Une nouvelle aventure lui est inspirée, celle de partager avec les personnels une histoire hospitalière à s’approprier en y prenant part.

Christian Ruby,
Philosophe

2017

Arnaud Théval projet art contemporain : Artiste infiltré, œuvre exfiltrée

Artiste infiltré, œuvre exfiltrée

À l’instar de ce que décrit Jeanne Favret Saada dans son ouvrage ethnologique « Les mots, la mort, les sorts », la pratique artistique d’Arnaud Théval s’articule, elle aussi, en trois temps : la prise, la déprise, la reprise.

D’abord la prise, éprouvée par qui accepte de s’égarer dans un monde qui lui est étranger, jusqu’à s’assujettir au discours de l’autre. Temps de l’infiltration artistique. Ensuite la déprise, pour faire retour dans sa propre langue et extraire la plaque sensible de la chambre noire. Une empreinte de l’autre en soi. L’image est détachée de la chose.

Enfin la reprise, pour trouver les mots justes, choisir les images pertinentes. Recadrer, retoucher, mettre en scène les éléments qui témoignent de l’expérience. Passage à l’écriture scénographique d’une exposition à réaliser. Exfiltration de l’œuvre.

Jean-Paul Rathier
Directeur du pôle « Culture et Santé en Aquitaine »

2015