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Le processus et son contexte - Au pied du château - Place de la République - La réunion- 24h/24h - Vidéo

 
Manifestement
Le processus et son contexte
 


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Manifestement
Au pied du château

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Manifestement
Place de la République

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Manifestement
La réunion

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Manifestement
24h/24h

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Manifestement
Vidéo

Manifestement est un projet constitué de deux phases, la première a consisté à réaliser une série d’« actions immobiles » dans l’espace public à la lisière ou dans des lieux représentant une forme d’autorité. Ces situations sont des prises de positions de petits groupes immobiles dans l’espace urbain qui regardent un élément du contexte (le château Mac Donald, un commissariat de Police, une caravane, une station essence automatisée) ou qui discutent entre eux. Aucune intention n’est décelable dans le groupe, quelques draps blancs les recouvrent de temps à autre. Manifestement ce groupe se cache, immobile devant un commissariat de police sur la place de la république par exemple. Contresens ou manifestation silencieuse, replis ou affirmation, les motivations du regroupement ne sont pas précisées dans l’image. La crise pointée dans les actions est justement cette difficulté d’aujourd’hui à stationner en groupe dans les espaces de la ville, avec un prolongement dans des images symptomatiques (les photos installées aux limites des lieux investis révèlent ces tensions).

La durée des immobilisations varie selon la tension qui se dégage autour de l’action. Le dispositif de réalisation des images singe celui des tournages de films, sans caméra.
La seconde phase du projet est l’inscription sous forme d’affiches et de construction de palissades implantées à la lisière des lieux investis lors des actions. Ces grandes affiches de 2 m 40 x 3 m 08 sur des palissades sont plantées dans des espaces intermédiaires de la ville à la lisière de lieux faisant autorité ou ayant subit une décision radicalisant l’usage du site. Sur ces affiches sont représentés des groupes occupant des lieux intermédiaires, pointant ainsi l’usage problématique des regroupements sur la voix publique.
Ces actions et installations résultent d’actions dans l’espace public de la ville de Fougères, qui comme beaucoup de petite ville développe un sens aigu du patrimoine, de sa conservation et de la maîtrise de l’usage de son espace public. Comme d’autres de nos cités, les espaces dédiés dans la ville au collectif deviennent de plus en plus des espaces de circulation dans lesquels les temps de poses sont difficiles, voir non souhaités (voir mobilier urbain).  L’action ne s’arrête pas à la réalisation du cliché, il commence avec et se prolonge dans l’affirmation de l’image dans le même espace public mais à un autre endroit où l’enjeu du pouvoir s’exerce aussi fortement. L’image existe dans une réalité physique, elle est tirée sur un papier affiche et contrecollée sur une palissade construite spécialement pour être plantée à l’endroit où je souhaite qu’elle produise son événement. Le travail a commencé par la négociation du projet avec la Ville de Fougères, ses institutions en accord avec le centre d’art qui m’invite, puis il se prolonge par la réalisation de la série d’actions et se poursuit dans le temps de l’installation dans les lieux retenus.

L’oeuvre commence par l’affiche et se poursuit comme un jeu de signe hors du cadre dans le champ du contexte.

 

Au pied du château, 2005_affiche et palissade (240 x 308 cm)
Le restaurant Mac Donald a dans son jardin un château en pastique coloré, ce groupe l’observe à distance sur le trottoir de l’autre côté d’une haie. Cette image est ensuite collée sur une palissade au pied du château de Fougères, un peu à l’écart néanmoins pour éviter une collusion trop forte avec les cadrages photos des touristes.
Le collage de ces deux images de châteaux et ce groupe aux aguets ou en attente de quelque chose, ne tient dans l’espace public qu’une semaine, la Ville décide de le retirer (après avoir fait installer la palissade par ses équipes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La place de la république, 2005_affiche et palissade (240 x 308 cm)
Cette image met en scène un temps de pause prolongée avec un groupe de personne qui malgré l’audace relatif du geste reste anonyme. Image de crise, une nouvelle fois dans laquelle l’identité est absente créant une mise sous tension entre l’autorité de la Police et ce groupe au rassemblement incertain et immobile au milieu de la chaussée. Cette action se déroule comme le tournage d’un film, sans caméra ni dialogue. Le collage se poursuit par l’installation de l’image sur une palissade à proximité des anciennes cellules du couvent des urbanistes autrefois garnison militaire et aujourd’hui centre culturel.

 

 

 

 

 

 

 

 

La réunion, 2005_affiche et palissade (240 x 308 cm)
Deux personnes recouvertes de draps s’adressent à deux autres dont les visages sont masqués. Le groupe se trouve devant une caravane. Cette scène fait écho à l’histoire local du lieu et de l’évolution des projets architecturaux de ces 5 dernières années. Les anciens immeubles dit des urbanistes (logements sociaux) ont été détruits et d’autres reconstruits un peu plus loin occupant pour le stationnement des voitures un ancien espace dédié autrefois aux forains. D’un déplacement l’autre, une barrière de sécurité interdisant l’accès aux caravanes est désormais installé à l’entrée du parking. C’est précisément l’endroit que je retiens pour placer l’image problématique renvoyant à ces déplacements. Celle-ci subit d’ailleurs tout de suite une tentative de déchirement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24h/24h, 2005_affiche et palissade (240 x 308 cm)
Le groupe investi l’espace bar de la station essence automatisée, sous l’œil impassible des caméras de surveillance, mais incrédule des passants. L’affiche de cette action est ensuite collée sur une palissade construite à cet effet à la lisière de la station essence, hors champ des caméras. Cette distance permet la juxtaposition des signes sans retenue. Une image pleine d’incitation à la consommation mais sans envie.