Opposition
2001
affiche et palissade 300 x 400 cm
Installation entre les HLM et Les urbanistes
Installation réalisée en 2001, dans l’espace public de la ville de Fougères et
située entre deux architectures en opposition, des logements sociaux bientôt détruits et un centre culturel classé monument historique). Cette installation est constituée d’une affiche noir et blanc (sérigraphie) et d’une palissade d’un format de 3 m x 4 m.
Cette proposition a été réalisée suite à l’invitation de Arcades, en impliquant différentes personnes du site (habitants des HLM et usagers du centre culturel les urbanistes).
L’espace entre les deux architectures est très limité, à peine trois mètres par endroits. Ce qui frappe c’est l’impression d’un huit clos, un sentiment d’oppression. Pourtant c’est le vide qui marque l’usage du lieu et l’absence de liens entre les deux architectures si contiguës.
La proposition « opposition » est réalisée à partir de cette opposition architecturale entre deux constructions. L’un, ancien couvent construit aux alentours du 18 siècle « les Urbanistes », ayant subi au fil des siècles divers mutations – de la caserne militaire, au couvent, à l’abri pour les réfugiés pendant la seconde guerre mondiale, quasi abandonné ensuite, manquant d’être rasé à la fin des années 1970, puis classé monument historique – et ce carré de constructions HLM construit dans les années 1950. Ces HLM ne plaisant plus et cachant la vue sur Fougères et masquant depuis la ville la vue sur les Urbanistes, la municipalité décide de les raser et de déplacer les habitants dans d’autres logements sociaux construit un peu plus loin et à la place de réaliser un parc un parking pour voitures.
Le projet s’inscrit dans un contexte de frottement architecturale et social, en proposant une image dans laquelle prennent place à différentes échelles les usagers des deux lieux. La posture choisie est celle de la figure de dos, lors d’un déplacement. La mise en espace de ces figures dans l’image tend à traduire cette relation singulière au vide du lieu et à l’absence de relation humaine entre les deux espaces. Cette œuvre s’inscrit en tension entre les deux bâtiments, au milieu. Bien que l’image induise une interprétation sensible de l’histoire du lieu, elle ne propose aucune narration. Le regardeur selon qu’il soit, dans la centre culturel ou dans les logements HLM doit se déplacer physiquement pour voir l’image. Cette mise à distance est une forme critique de ce lien inexistant et peut-être impossible ? L’installation prend place dans cet entre-lieux pendant plusieurs mois, sans subir la moindre altération.
Puis les bâtiments sont ensuite rasés quelques années plus tard, plaçant le bâtiment dans une certaine périphérie, lui si central auparavant. Le projet
Manifestement (la réunion) réalisée en 2005, fait écho à cette première installation.