LA RELÈVE consiste à proposer un questionnement sur les enjeux de la formation professionnelle, ses impacts sur le rapport au corps, aux vêtements et sur la complexité de porter un habit de travail (ses codes, ses archétypes sociaux) via plusieurs formes artistiques. Le projet artistique d’Arnaud Théval déplace ces enjeux du contexte des lycées professionnels (l’avant de l’entreprise) dans le champ de la société en général, via la réalisation d’une exposition, d’une installation urbaine, et d’une publication. Des acquisitions d’œuvres sur des supports pérennes sont en cours dans certains lycées.
L’exposition à L’Espal, scène nationale du Mans (nov-dec. 2008) devient le lieu d’une mise en perspective des enjeux du projet artistique et de la question même d’exposer des œuvres conçues en lien étroit avec un contexte humain, social, politique et architectural. Le projet se construit sur la base d’un partenariat entre l’artiste, le lycée Le Mans Sud, quatre entreprises du bassin d’emploi et le centre culturel L’Espal (déplacement des œuvres).
La dimension a-critique de la mise en espace de l’œuvre constitue une autre possibilité de lire et d’appréhender les recherches. _Cette exposition est une nouvelle proposition mettant en espace de façon inédite les images réalisées dans les lycées _professionnels (affiche géante, documentations, écrits, jeux vidéos, affiches et autocollants, vidéos, photos portraits etc.). Une collection d’oeuvres se constitue pour aboutir à une nouvelle forme qui traduit ces enjeux de la double identité et qui pointent les difficultés de porter les codes du travail en soi (question de la transmission et de l’adhésion). Ces questions portées sur le terrain plus global de la société interpellent l’ensemble des personnes travaillant et futurs travailleurs qui sont confrontés aux codes du travail et aux codes des tenues vestimentaires. _Il s’agit de constituer un corpus d’oeuvres mettant en perspective les enjeux de la double identité du travailleur, en équilibre entre sa propre image et celle du métier à endosser. Pour cela, les élèves des lycées professionnels deviennent exemplaires de ces tensions, en exprimant individuellement et collectivement ces crispations du passage de l’un à l’autre. »
L’installation « La peur bleue» (oct. 2008) est une proposition qui s’inscrit dans l’espace urbain de la ville de Mayenne sous la forme d’un jeu de carte diffusé chez les commerçants. La production du jeu de cartes « La peur bleue », réalisée cette année au lycée Léonard de Vinci finalise le projet Moi le groupe et sa présentation publique est construite comme un volet déplaçant les enjeux du jeu sur la place publique et en lien avec l’économie locale.
Le projet se poursuit dans la création d’une carte (objet artistique) traçant les contours du projet. Elle est diffusée chez les commerçants et autres relais dans la ville et chez les entreprises. Cette installation urbaine est réalisée en partenariat le Kiosque (centre culturel) avec les grandes imprimeries du bassin d’emploi, la Ville de Mayenne, la Communauté de Commune et le Lycée Léonard de Vinci.
Des acquisitions pérennes
le lycée Rabelais de Fontenay-le-comte, dans lequel l’œuvre « L’issue » a été détruite à choisi, en accord avec les élèves, d’opter pour l’acquisition de celle-ci sur un support pérenne. Le choix du lieu et un débat sur les enjeux du projet artistique est organisé pour avril 2008.
Le lycée Lenoir de Châteaubriant a choisi, en accord avec l’artiste, le déplacement de l’œuvre « Sous la peau » initiale et son accrochage pérenne dans le lieu même de sa prise de vue, le quai de déchargement.
Le lycée Bertin à Saumur, dont les œuvres « Super X » et « Manifeste bleu » ont été endommagées par les intempéries, a choisi de réfléchir avec les élèves et l’artiste à des lieux pouvant accueillir des propositions pérennes pour mai 2008.
Des conférences, des rencontres et un colloque
En partenariat avec l’IUFM des Pays de la Loire, Arnaud Théval interviendra dans une journée de formations des conducteurs routiers en juin 2008. Un colloque sur les identités professionnelles se tiendra à l’IUFM en mars 2009.
« Art, éducation, création : les artistes à l’école » participation au projet
de programme national et international de recherche (A.N.R) mars 2008.
- Artistes et/ou pédagogues (2008) UMR Education et Politiques.
UNIVERSITÉ LYON 2
- L’art contemporain ? (2007) MUSÉE DES BEAUX-ARTS D’ANGERS
- Contexte professionnel et économie artistique (2007)
ÉCOLE DES BEAUX-ARTS DE NANTES
- De l’intention à la réalisation (2007) SCEREN,
NOUVEAU THÉÂTRE D’ANGERS
- Conseil régional des jeunes (2007), NANTES
Le livre - Zédélé éditions (nov. 2008)
réunit les œuvres du projet Moi et le groupe et devient le lieu d’exposition et de mémoire pour l’ensemble du projet. Le projet éditorial ouvre de nouvelles perspectives à partir de l’expérience des œuvres et de leurs récits, il propose une réflexion sur les questions de construction identitaire en lycée professionnel, le hors contexte de l’art et sur ce que révèlent « des identités en crise » dans les images de groupes réalisées. L’édition retracera les différents temps du projet via des récits et des visuels documentant les protocoles et les processus de travail mis en oeuvre dans chaque lycée. D’autre part, cet ouvrage s’inscrira également dans une réflexion plus large sur le travail d’Arnaud Théval et sur les questions soulevées par ses interventions au sein des lycées professionnels grâce aux contributions d’auteurs issus des champs de la critique d’art, de la sociologie et de la philosophie.
Le livre sera diffusé au niveau national et comportera des contributions d’ordre international. Les auteurs pressentis sont Sylvain Maresca (sociologue, Université de Nantes), Stephen Wright (critique d’art, INHA), Alain Kerlan (philosophe, Université Lyon II), une équipe de chercheur à l’IUFM des Pays de la Loire.
L’œuvre « Une salle de jeu virtuelle » met en scène un univers de jeu, construit à partir des situations rencontrées dans les lycées et permettant de jouer avec les 4 jeux interactifs réalisés.