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Rubis

 
Rubis  

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Rubis
(2002-2009)

Ixelles, le Relais
Rue du Relais à 1050 Ixelles
SA « LeFoyer Ixellois »

Installation composée de divers matériaux dans le passage abrité du bâtiment de logements sociaux Le Relais II, dont un triptyque photo 258 x 1480 cm en sérigraphie sur tôle émaillée, un faux plafond rose en tôle peinte, de la peinture grise sur les piliers et les jardinières, des éclairages spécifiques pour tout le passage. Public work, dans le cadre du 101 % de la SLRB, avec la Région BRUXELLES CAPITALE et la DIT.

L’inscription artistique dans le lieu passe par mon immersion dans le contexte social, en une succession de rencontres avec les habitants, afin de collecter des brides de perceptions sensibles et de mieux connaître l’histoire subjective, l’usage de ce passage abrité et de son inscription dans le quartier.
Ces rencontres sont filmées comme une succession de notes, constituant un matériau de départ  en un collage de points de vue et construisant une poétique du lieu. Les contrastes de points de vue et les appréciations très différentes rendent compte de l’impossibilité de donner une image commune à ce lieu. Cette absence d’évidence préfigure la complexité des relations humaines et les inhérents problèmes de cohésion sociale (intégration, mode de vie, vie en commun, peur de l’autre, générations).

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Ce passage abrité constitue un lieu anxiogène ou invisible c’est selon les personnes. Il ne possède aucune qualité invitant à y faire une pause, c’est un grand couloir ouvert utilisé pour passer d’un côté ou de l’autre de la rue. Pendant la journée, ce passage est très sombre et peut générer une vague inquiétude. Vu de l’intérieur, le paysage urbain se découpe en une suite de grands plans, un rythme visuel qui est donné par les ouvertures entre les colonnes. En contre-jour et de l’intérieur la traversée physique de celui-ci donne une impression de grand travelling cinématographique. Cette rue avant la rue est un lieu privé donnant sur la voie publique, cet entre-deux est sans doute une des problématiques qui en fait un lieu sans usage ni qualité.

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Néanmoins, pendant la nuit, ce passage devient un point attractif visuellement, puisque très fortement éclairé par un néon central. Cette lecture du lieu, oscillant entre une obscurité « inquiétante » le jour et une lumière repère la nuit, en fait un espace paradoxale dont la clé semble être l’expérience sensible des uns et des autres. Ces lectures individuelles sont en liaisons avec l’histoire du quartier plus ou moins déformé par le média de la rumeur ou le sentiment d’insécurité. Cette incertitude confère au lieu son intérêt en termes d’usage et de lecture sensible.

L’œuvre visuelle, constituée d’un triptyque, se nourrit des relations humaines du quartier, en particulier celles fort appuyées de la notion de soutien et de relais. Cette image forte est représentée par deux figures féminines se déplaçant dans un lieu urbain indéterminé, l’une des deux femmes aidant l’autre à se déplacer.
Les images sont tournées la nuit afin de mettre en lumière ces questions de relais et de soutiens. Ces scènes nocturnes présentes un aspect fragile et précieux, un contre-point aux inquiétudes que peut susciter la nuit dans l’imaginaire des gens.

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L’ensemble de l’œuvre est constitué d’un collage de différents éléments renforçant le sens du projet, un plafond rose électrise et diffuse une lumière rosâtre dans le passage, les piliers et les jardinières sont recouverts d’une peinture grise et un dispositif de leds éclaire les colonnes et les photos sérigraphiées sur tôles émaillées de manière à conférer au lieu une impression de grande préciosité.

Lire la contribution de Bernard Marcelis >>
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