Il était une fois (1)

Il était une fois ... Prison miroir  

Arnaud Théval La bataille du soupçon (2019)
Arnaud Théval La bataille du soupçon (2019) 48 photographies 75 x 54 cm et 40 x 50 cm.

Cellules, traces et animaux
Dans les cellules, les personnes détenues racontent avec force, détermination, désarroi et poésie leurs histoires de vies. L'injustice de leur situation se heurte avec la violence de leurs gestes sans qu'à aucun moment, Renaud Victor le réalisateur ne choisisse de juger ou de prendre parti. Dans leurs bureaux, les jeunes surveillants évoquent avec tendresse leurs choix de carrière, leurs peurs et ce qui les retient ici. Ils se rassurent en disant que le métier a changé qu'avant les surveillants étaient plus dur. À l'école de la prison, avec vingt ans d'écart, les jeunes surveillants me racontent exactement la même chose de leurs aînés Sur les murs des cellules filmés par Renaud Victor, des posters, des petits bricolages et des arrangements avec les règles sont visibles. Dans les prisons vidées que j'ai traversé quelques heures après le transfert des personnes détenues, ces signes sont en lambeaux comme des traces gravés sur la peau, ils n'en finissent pas d'exploser comme un être qui perd sa vie. Les dessins des murs finissent sur les corps des surveillants et quelques papillons se nichent sur les corps des détenus de nos livres d'histoires. La porosité des signes est flagrante, nulle ne peut être moins assigné qu'un animal dans lequel on se représente.

Arnaud Théval

“De jour comme de nuit” de Renaud Victor avec la collaboration de Caroline Caccavale et Joseph Césarini (Production 13 prod – Bruno Muel).
Une immersion pendant 2 ans dans la vie quotidienne des détenus de la maison d'arrêt des Baumettes.