Il était une fois (2)

Il était une fois ... Prison miroir  

Arnaud Théval Paysage percée et dispositif de mise en ordre (2017) 3 formats  153 x 128 cm, photographie encadrées sous verre et La galerie des glaces (2019) format variable.
Arnaud Théval Paysage percée et dispositif de mise en ordre (2017) 3 formats  153 x 128 cm, photographie encadrées sous verre et La galerie des glaces (2019) format variable.

Illusion, hors-champs et distance
Lorsque nous entrons dans l'espace d'une exposition, la façon dont sont nommer les figures représentées ainsi que le dispositif de monstration nous ordonne une certaine place en induisant une distance face aux images ou objets représentés. Dans le jeu de langage que propose le film SIRRH de Laetitia Martinet, les mots sont polisémiques. Entre les deux subsite la question du mystère dont seule l'épaisseur varie. Un article d'un critique d'art vidéo devient le prétexte pour enquêter sur ces espaces entre les murs, entre les yeux aussi. Le récit s'invente dans un subtil va et vient avec le hors-champ, celui qui invite à se positionner, à s'inventer une distance juste faces aux images. Dans mon exposition Un œil sur le dos, le triptyque Paysage percée et dispoistif de mise en ordre est présenté à côté de la photographie La galerie des glaces. Le spectateur avance puis recule, se voit dans le reflet des vitres, cherche sa place, parfois trop proche de ce corps qui grimpe, trop loin pour voir les fragments de vie dans ces paysages désertés de cour de promenade. Personne n'est plus là, chacun aura compri que la compression dans un cadre qui réduit physiquement l'homme en prison est une illusion pour celui qui construit son affranchissement par la pensée.

Arnaud Théval

“Sirrh” de Laetitia Martinet. Un groupe de personnes détenues se questionne sur la notion d'enfermement et de liberté. Production Lieux Fictifs.



Arnaud Théval Le mythe de la caverne bleue (2019) 260 x 450 cm, tirage affiche.
Arnaud Théval Le mythe de la caverne bleue (2019) 260 x 450 cm, tirage affiche.

Ombres, pipeau et grotte
Sur les murs des temples de nos croyances, des chirubins ailés tirent des flèches amoureuses à destination d'un amour à faire naître. Leurs trajectoires sont fulgurantes comme l'envie de ces hommes gravissant, malgré la peine, les barreaux d'une échelle horizontale. La germination de l'utopie vidéo poétique de Marc Mercier nous invite à ces jeux de langage de ceux l'on invente pour se sentir appartenir, exister, s'exiler et résister aussi. Si les concertinas retiennent les projections extérieurs ils n'empêchent pas celles de l'intérieur de s'extirper vers un monde meilleur, utopique. Plus aucune montagne ne barre aucun horizon à celui agite les mots comme les couleurs pour créer cette petite musique qui guide au creux de l'oreille sur des chemins nous éloignant du confort de nos certitudes, pour d'autres croyances. Dans ma pièce architecturée Le mythe de la caverne bleue, les corps des surveillant.e.s sortent de l'obscurité supposée de leur lieu de travail, des lumières colorées dans les bras. Le renversement est le même, le transport poétique invite ces figures à se montrer dans d'autres possibilités, loin de ses ombres qui hantent les murs de nos certitudes, déformés par notre fainéantise.

Arnaud Théval 

“La germination de l'utopie” de Marc Mercier. Le récit d'un combat mené contre l'enfermement avec, en bandoulière, les fleurs de la poésie. Production Lieux Fictifs