Invisibles

 Invisibles (2010) maison des associations la mano, Nantes. (détail)
 Invisibles (2010) maison des associations la mano, Nantes. (détail)

La première réalisation d'Invisibles est un ensemble de dix installations d'avatars, sortes de représentations virtuelles des personnes engagées dans le projet. Les avatars se sont construits à partir d’une situation de portrait associant chacun dans le choix d’une pose et d’un geste. La transformation des visages, masqués par une image composée à partir de signes photographiés sur la personne, a été l'occasion d’inventer des figures évoquant nos mythologies contemporaines empruntées au cinéma, au manga, aux arts plastiques, et autres fictions urbaines évoquées par les uns et les autres. Une collection de 256 avatars est réalisée (voir l'édition Invisibles).

 

Théval Invisibles (2009) L'éclectic, Nantes.
Invisibles (2009) L'Éclectic, Nantes.
Invisibles (2010), format variable.
Invisibles (2010), format variable.
Invisibles (2009) L'éclectic, Nantes.
Invisibles (2009) L'Éclectic, Nantes. (détail)

L’enjeu de l'œuvre Invisibles est de faire émerger en images des individus rendus absents des représentations à force d’une captation symboliquement inépuisable de l’imagerie banlieue. Des accumulations de stéréotypes et de codes sociaux ont produit des formes de comportements spécifiques qui, amplifiés par certaines tenues vestimentaires, tendent à rendre invisibles ceux qui les portent.

Théval Invisibles (2009) salle de musculation, Nantes.
Invisibles (2009) salle de musculation, Nantes. (détail)

Défaire la servitude de l’identité, par Christian Ruby, philosophe.
Tout l’enjeu du travail d’Arnaud Théval tient dans la volonté de défaire cette servitude, tout en la défaisant habilement , afin de repenser à la fois l’individuation et le commun. Au cours d’un long travail avec les modèles, l’artiste subvertit la construction précédente pour mieux s’investir dans le champ de l’individuation. Autrement dit, il refuse de prendre le risque de localiser à nouveau les corps photographiés dans le partage (commun, consenti) policier des corps, et il se préoccupe de la production de formes d’individuation qui ouvriront par la suite à son travail sur un nouveau commun, sur l’espace public et la subjectivation politique.
Lire sa contribution

voir le site de Christian Ruby

 

Invisibles (2009) collège Stendhal, Nantes.
Invisibles (2009) collège Stendhal, Nantes. (détail)
Invisibles (2011) Médiathèque Luce Courville, Nantes.
Invisibles (2011) Médiathèque Luce Courville, Nantes. (détail)

Un des aspects problématiques est celui de la stigmatisation des quartiers et de la réelle difficulté des habitants à assumer une parole et une image publique détachée d’une certaine pression sociale. Cette crise est à contourner afin de créer un espace inédit pour ces enjeux d’expressions : de l’image de soi et de la prise de parole sur l'espace public.

Theval Invisibles (2010) maison des associations la mano, Nantes.
 Invisibles (2010) maison des associations la mano, Nantes. (détail)
 Invisibles (2010) local d'accueil Nantes Habitat, Nantes.
 Invisibles (2011) local d'accueil Nantes Habitat, Nantes. (détail)
Invisibles (2010) CATTP, Nantes.
Invisibles (2010) CATTP, Nantes. (détail)
Invisibles (2009) lieu d'accueil L'Escale, Nantes.
Invisibles (2009) lieu d'accueil L'Escale, Nantes.
Invisibles (2009) Centre social Bout des landes, Nantes.
Invisibles (2009) Centre social Bout des landes, Nantes. (détail)
Invisibles (2009) Centre social Bout des pavés, Nantes.
Invisibles (2009) Centre social Bout des pavés, Nantes. (détail)

Le projet artistique, avec l’implication des habitants du quartier, invente un jeu de langage par l’image permettant la création de représentations différentes (les avatars), puis dans un second temps, questionnant les usages de l’espace public (jeu vidéo et installations de plaques de rues). Les personnes impliquées sont associées dans la création d’un avatar, permettant de construire une image à la fois fantasmé - en lien avec les mythologies contemporaines (cinéma, manga, histoires, urbaines) - et une image protectrice.

Théval Invisibles (2012) 1/36 plaques de rue, Nantes.
Invisibles (2012) 1/36 plaques de rue, Nantes.
Invisibles (2012) 2/36 plaques de rue, Nantes.
Invisibles (2012) 2/36 plaques de rue, Nantes. Voir la google Map

Le jeu vidéo Underfire met en scène des avatars pour jouer avec les stéréotypes et les clichés réels ou non, jalonnant nos imaginaires liés aux banlieues. Un espace public virtuel, ludique et fictionnel, offrant une prise de parole libérée sur ces quartiers populaires. Des ennemis symboliques sont construit comme des métaphores, miroirs des problématiques d'usages rencontrés sur l'espace public.

Theval Invisibles (2012) underfire, jeu vidéo en ligne.
Invisibles (2012) underfire, jeu vidéo en ligne. Lien ci-après pour jouer.

L'univers sonore du jeu vidéo a été confié à des artistes issus d'horizons différents. Les ambiances sonores de chaque plateau sont des créations musicales originales et un cd (oeuvre multiple éditée à 500 ex.) les L'univers sonore du jeu vidéo a été confié à des artistes issus d'horizons différents. Les ambiances sonores de chaque plateau sont des créations musicales originales et un cd (oeuvre multiple éditée à 500 ex.) les compilant est produit par la FNAC. Avec : Jonathan Seilman, Mc Médails, Enlightened, Vince C Joe Mckeidy, Willy Wilson et El signo, Zucker bitte, Little rabbits, kingsley, Pierre Adrien Théo, Alvin and the Chipsets, This Melodramatic Sauna et Rock Roll & Remember. Développeur / concepteur du jeu vidéo : Sébastien Gicquel, reflexion-graphic.compilant est produit par la FNAC. Avec : Jonathan Seilman, Mc Médails, Enlightened, Vince C Joe Mckeidy, Willy Wilson et El signo, Zucker bitte, Little rabbits, kingsley, Pierre Adrien Théo, Alvin and the Chipsets, This Melodramatic Sauna et Rock Roll & Remember. Développeur / concepteur du jeu vidéo : Sébastien Gicquel, reflexion-graphic.

 

Les figures d'Arnaud Théval, par Thomas Lemaigre, économiste et journaliste
Cette pratique artistique se déploie sans recours à des méthodes d’animation participatives formalisées comme celles du travail communautaire ou de l’éducation permanente, et sans prendre la place des rôles clés des lieux investis. Éducateurs, concierges, intervenants sociaux, grands frères, etc., ils deviendront participants comme les autres. Tous sujets-objets. Le processus créatif n’en est pas moins toujours animé d’une très grande rigueur, ce qui va lui permettre de se dérouler en restant toujours ouvert, irrigué par un souci de remise en jeu et une réelle prise de risques avec les parties prenantes. L’œuvre, polarisée sur les rapports entre l’individu et le groupe, entre les individus dans l’espace public, veut provoquer quelque chose dans son environnement, à charge pour elle de tenter de l’intégrer dans sa logique, quitte à raviver les conflits ou les rapports de force en présence. Le social va réagir.
La rencontre induit un effet retour forcément inattendu, qui va littéralement relancer l’œuvre.
Cela passe notamment par des réflexes éprouvés, notamment en misant sur le don et le contre-don. Si tout le monde est formellement destinataire d’une œuvre implantée dans l’espace public, même contre son gré, Théval propose aussi à ceux qui l’acceptent un cadeau individuel bien concret : pas juste une photo au sens classique, presque scolaire ; plutôt un objet à la frontière entre le ludique et l’utile, un jeu de cartes, des autocollants, un flipbook, des magnets à coller sur le frigo, des échanges sur des réseaux sociaux, etc. Bref des objets à connotation identitaire.

Lire sa contribution

Theval Invisibles underfire cd
Theval Invisibles autocollant
Theval Invisibles tee-shirt
Theval Invisibles tee-shirt
Theval Invisibles affiche
Theval Invisibles affiche