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La prison à la surface de sa peau

Le tigre et le papillon, incorporation 2 (2017), détail de l'œuvre.

À l’instar d’un dessin d'un tigre et d'un papillon photographié sur le mur d’une cellule, je m’interroge sur, qui, du surveillant ou du détenu, incarne le mieux l’insecte fragile ou la force du félin ? Les œuvres sont des séquences d’une immersion dans l'institution pénitentiaire, mêlant fragments d’enfermements et moments de formation. Elles croisent des histoires vécues, des lieux traversés et des mises en situation du personnel pénitentiaire questionnant ma relation à cet imaginaire carcéral et à la figure de ceux qui l’organisent.

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L’école débordée par ses élèves mêmes

Photo de classe (2005), FRAC des Pays de la Loire, Carquefou.

Cet ensemble d'œuvres est le résultat de situations inventées par l'artiste, implicant des élèves dans leurs lycées professionnels et généraux par un jeu d'image venant perturber les représentations standardisées de et sur ces lycéens. L'institution scolaire, entre redressement des élèves sorties des filières classiques et émancipation de leurs assignations à l'échec, se trouve embarquée dans des débordements produit par un usage de la photographie qui décale de la fiction institutionnelle de la photo de classe.

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L’hôpital en sueur

Guerre-guérison (2018), détail de l'œuvre.

Alors que l'institution hospitalière se réinvente une hospitalité dématérialisée, l'œuvre est une inversion de paradigme d'une figure blanche aux normes maîtrisées vers une figure remuée et multicolore de ses professionnels en leurs lieux. Par indices, sur les murs, sur eux ou dans leurs phrases, je leur découvre une intime nécessité d'inventer d'autres rapports dans l'institution et avec les patients, que ceux commandés par une mise aux normes comptable, tout en se questionnant sur leur propre figure.

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Ce que le travail ordonne

Proximités (2001), Centre d'art contemporain Le Grand Café, Saint-Nazaire.

Les institutions du travail organisent les corps dans l'espace de l'entreprise, les y préparent par une succession d'incorporations et souvent y séparent les corps constitués. À chaque commande, mon attitude se construit par des aller-et-retours entre les cultures du travail et les codes de l'art. J'y créé une série de situations qui, par l'image, agitent l'espace social en y révélant les complexités d'apparaître autrement pour les individus employés, tout en m'attachant à inventer des espaces ouverts au dissensus, quitte à inquiéter le réel.

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Sous l'œil des attendus

La cage aux oiseaux (2018), détail de l'œuvre. Centre photographique de Marseille.

Un flot d’images médiatiques, hypnotiques et enfermantes sur les quartiers populaires, des immeubles peuplés de milliers d’yeux scrutent la ville, eux-mêmes sous le contrôle des caméras. Les œuvres produisent une critique des archétypes projetés sur ces habitants ainsi que ceux auto-générés. Elles appréhendent les interactions entre le vernaculaire, les institutions publiques et la ville. Tout en soulignant nos relations aux frontières urbaines implicites, je travaille à un déplacement des assignations construites sur et par nos imaginaires, en affirmant la nécessité d'y déployer une résistance active aux évidences.

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