Un œil sur le dos

Le mythe de la caverne bleue (2019) 260 x 420 cm.
Le mythe de la caverne bleue (2019) 260 x 420 cm.

Un œil sur le dos
dans la cadre de PRISON MIROIR
EXPOSITION - ARTS VISUELS - CINÉMA - RENCONTRE
Du 25 octobre 2019 au 23 février 2020
La friche, La belle de Mai, Marseille

Que dire sur la prison que nous ne sachions déjà ? Depuis ce lieu, quelle place l'artiste peut-il occuper ? Prison Miroir est un événement multiple : deux expositions photographiques, une rétrospective de films et deux grands week-ends de rencontres, performances, écoutes sonores, chacun interrogeant la relation entre l'art et la prison.

http://www.lafriche.org/fr/agenda/evenements/prison-miroir-95/type

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Prison miroir
Prison miroir, avec « Détenues » de Bettina Rheims et « Regard depuis la prison » par Caroline Caccavale et Joseph Césarini.
Arnaud Théval Un œil sur le dos
Un œil sur le dos (2019) graphisme Léna Araguas et Alarie Garnier avec Benoit Canaud 

Un œil sur le dos

Tout voir sans rien montrer de soi. Celà pourrait être la maxime des personnels de surveillance, pris entre l'envie de rester dans l'obscurité et le désir de nous éclairer sur ce qui se passe pour eux dans ces espaces d'enfermements. 

L'image produite sur eux est symptomatique de cette tension. Quand ils se laissent photographier c'est de dos et quand ils posent  face à l'objectif c'est à condition que le visage soit tronqué par le cadrage. Quand un visage apparaît sur une image, une inquiétude surgit tant leurs représentations de l'empêchement sont opérantes. Chacun est sous le contrôle de l'autre et les caméras veillent. L'œuvre est à la fois forme et processus, elle consiste à inventer un espace visant à déplacer les attendus et les assignations sur la prison. L'expérience se déploie par et avec ceux qui organisent le dispositif carcéral, à la recherche des indices qui composent leurs cultures et leurs paysages professionnelles. 

L'exposition Un œil sur le dos recompose mon parcours depuis les fermetures des vieilles prisons, dont les images habillent notre imaginaire commun de la tôle, à l'école de la prison, où la culture de l'institution prend corps chez les élèves surveillant.es et se poursuit dans les nouvelles structures.L'accrochage est un jeu d'indices fictionnalisant les récits des surveillant.e.s en image par des mises en scènes. Ces images polysémiques combinent les dessins sur les murs des cellules et les  tatouages sur les peaux des surveillant.e.s et révèlent des impensés et des non-dits d'une institution traversée par des forces contraires, en permanence tendue par son oxymore originel – punir et ré-insérer. 

Dans ces prisons, je tente consciencieusement de me défaire de ce que chacun cherche à y trouver comme s'il fallait vérifier les fondements même de la prison. Je me trouve face à toute l'ambiguité de la société, en inversant l'oeilleton je l'ai vue et entendue, violente, émouvante, généreuse et écrasante, désespérante poétique.

Arnaud Théval

Bibilographie  :
La prison et l'idiot (2017), Éditions Dilecta, Paris.
Le tigre et le papillon (2019), Éditions Dilecta, Paris.
 

http://www.lafriche.org/fr/agenda/un-oeil-sur-le-dos-arnaud-theval-1773