Un œil sur le dos

Arnaud Théval Un œil sur le dos
Un œil sur le dos (2019) graphisme Léna Araguas et Alarie Garnier avec Benoit Canaud 

Un œil sur le dos
dans la cadre de PRISON MIROIR
EXPOSITION - ARTS VISUELS - CINÉMA - RENCONTRE
Du 25 octobre 2019 au 23 février 2020
La friche, La belle de Mai, Marseille

Que dire sur la prison que nous ne sachions déjà ? Depuis ce lieu, quelle place l'artiste peut-il occuper ? Prison Miroir est un événement multiple : deux expositions photographiques, une rétrospective de films et deux grands week-ends de rencontres, performances, écoutes sonores, chacun interrogeant la relation entre l'art et la prison.

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Arnaud Théval La coursive aux dragons (2019) 260 x 433 cm, tirage affiche.
La coursive aux dragons (2019) 260 x 433 cm, tirage affiche.

Un œil sur le dos

Tout voir sans rien montrer de soi. Celà pourrait être la maxime des personnels de surveillance, pris entre l'envie de rester dans l'obscurité et le désir de nous éclairer sur ce qui se passe pour eux dans ces espaces d'enfermements. 

L'image produite sur eux est symptomatique de cette tension. Quand ils se laissent photographier c'est de dos et quand ils posent  face à l'objectif c'est à condition que le visage soit tronqué par le cadrage. Quand un visage apparaît sur une image, une inquiétude surgit tant leurs représentations de l'empêchement sont opérantes. Chacun est sous le contrôle de l'autre et les caméras veillent. L'œuvre est à la fois forme et processus, elle consiste à inventer un espace visant à déplacer les attendus et les assignations sur la prison. L'expérience se déploie par et avec ceux qui organisent le dispositif carcéral, à la recherche des indices qui composent leurs cultures et leurs paysages professionnelles. 

L'exposition Un œil sur le dos recompose mon parcours depuis les fermetures des vieilles prisons, dont les images habillent notre imaginaire commun de la tôle, à l'école de la prison, où la culture de l'institution prend corps chez les élèves surveillant.es et se poursuit dans les nouvelles structures.L'accrochage est un jeu d'indices fictionnalisant les récits des surveillant.e.s en image par des mises en scènes. Ces images polysémiques combinent les dessins sur les murs des cellules et les  tatouages sur les peaux des surveillant.e.s et révèlent des impensés et des non-dits d'une institution traversée par des forces contraires, en permanence tendue par son oxymore originel – punir et ré-insérer. 

Dans ces prisons, je tente consciencieusement de me défaire de ce que chacun cherche à y trouver comme s'il fallait vérifier les fondements même de la prison. Je me trouve face à toute l'ambiguité de la société, en inversant l'oeilleton je l'ai vue et entendue, violente, émouvante, généreuse et écrasante, désespérante poétique.

Arnaud Théval

Bibilographie  :
La prison et l'idiot (2017), Éditions Dilecta, Paris.
Le tigre et le papillon (2019), Éditions Dilecta, Paris.
 

Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019)
Un œil sur le dos (2019) détail 1.
Arnaud Théval La bataille du soupçon (2019), photographie 75 x 54 cm et 48 photographies 40 x 50 cm.
La bataille du soupçon (2019), photographie 75 x 54 cm et 48 photographies 40 x 50 cm.
Arnaud Théval Avec Malaparte et Kafka (2019) 102,5 cm x 102,5 cm, deux formats 103 cm x 153 cm, texte et photographies encadrées.
Avec Malaparte et Kafka (2019) 102,5 cm x 102,5 cm, deux formats 103 cm x 153 cm, texte et photographies encadrées (détail).
Arnaud Théval Un jardin, cour de promenade pour femmes (2019) 260 x 433 cm, tirage affiche.
Un jardin, cour de promenade pour femmes (2019) 260 x 433 cm, tirage affiche.
Arnaud Théval La galerie des glaces (2019) 260 x 400 cm, tirage affiche.
La galerie des glaces (2019) 260 x 400 cm, tirage affiche, La parade (2019) 20 x 19,56 cm, tirage photo et pièce sonore (6 minutes) réalisée avec Pauline Boyer, texte lu par Vincent Théval, Paysage percé et dispositif de mise en ordre (2017) 3 formats 153 x 128 cm, photographie encadrées sous verre.
Arnaud Théval Le tigre et le papillon (2019) 260 x 400 cm, tirage affiche et cadres divers formats Le dos de la surveillante (2017) 37,5 x 52,5 cm, photographie encadrée sous verre.
Le tigre et le papillon (2019) 260 x 400 cm, tirage affiche et cadres divers formats. Le dos de la surveillante (2017) 37,5 x 52,5 cm, photographie encadrée sous verre.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) détail 2.
Un œil sur le dos (2019) détail 2.
Arnaud Théval Le mur rouge  (2019) 200 x 307,68 cm, tirage affiche.
Le mur rouge  (2019) 200 x 307,68 cm, tirage affiche.
Arnaud Théval Une maîtrise totale ou le reflet disparu (2019) 200 x 229,48 cm, tirage affiche.  Incorporations (2018) 11 pièces, format 103 cm x 103 cm, encadrées sous verre.
Une maîtrise totale ou le reflet disparu (2019) 200 x 229,48 cm, tirage affiche. Incorporations (2018) 11 pièces, format 103 cm x 103 cm, encadrées sous verre. 
Arnaud Théval Sans titre (deux surveillantes se maquillant) (2019) 100 x 90 cm
Sans titre (deux surveillantes se maquillant) (2019) 100 x 90 cm
Arnaud Théval Se frayer un chemin entre (2019) 234 x 395 cm, tirage affiche.
Se frayer un chemin entre (2019) 234 x 395 cm, tirage affiche.
Arnaud Théval Ma grande histoire (2019) 24 minutes.
Ma grande histoire (2017) 24 minutes.
Arnaud Théval La ronde des œilletons (2019) 19,55 x 18 cm, tirage photo et pièce sonore (5’25 minutes) réalisée avec Pauline Boyer, texte lu par Vincent Théval.
La ronde des œilletons (2019) 19,55 x 18 cm, tirage photo et pièce sonore (5’25 minutes) réalisée avec Pauline Boyer, texte lu par Vincent Théval.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) détail 3.
Un œil sur le dos (2019) détail 3.
Arnaud Théval Le mythe de de la caverne bleue (2019) 260 x 450 cm, tirage affiche.
Le mythe de de la caverne bleue (2019) 260 x 450 cm, tirage affiche.
Arnaud Théval L’écran (2019) tirage photo 160 x 234 cm et pièce sonore (6 minutes) réalisée avec Pauline Boyer, texte lu par Vincent Théval.
L’écran (2019) tirage photo 160 x 234 cm et pièce sonore (6 minutes) réalisée avec Pauline Boyer, texte lu par Vincent Théval.

Il était une fois ... Prison miroir  
Avec Caroline Caccavale de Lieux Fictifs nous nous sommes rencontrés lors d’une journée d’étude sur la prison au Musée de l’immigration à Paris en décembre 2017. Depuis nous n’avons cessé de travailler en croisant nos expériences à la fois différentes et proches dans et sur l’institution pénitentiaire. Ce faisant, le projet Prison miroir éclaire les correspondances entre nos travaux et nos pensées des deux côtés de l’œilleton. Cette série de textes que j’écris aujourd’hui construit une dialectique entre les films de Lieux Fictifs et mon travail, entre la salle obscure de cinéma et l’espace éclairé de l’exposition. Le jeu consiste à puiser dans nos langages plastiques respectifs des axes créant des ponts permettant aux spectateurs de glisser d’une certitude à un doute, d’un doute à un déplacement grâce à ces renversements de regards afin d’ouvrir notre imaginaire de la prison. Arnaud Théval, 4 novembre 2019

Lire le premier épisode ici

Lire le second épisode ici

 

Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.
Arnaud Théval Un œil sur le dos (2019) La friche la belle de Mai, Marseille.